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Lentillac et la chapelle de Verdale

Cultural ,  Information trail ,  Walks and hikes ,  Walking/pedestrian at Latouille-Lentillac

11.9 km
Walking/pedestrian
4h
Hard
Points of interest
1 Village de Latouille
Le village de Latouille s’étire en fond de vallée sur la rive droite du Tolerme en amont de sa confluence avec la Bave. Il n’est chef-lieu de commune qu’à la fin du 19e s. Précédemment, il appartient à la commune de Lentillac, ancienne paroisse établie dès le Moyen-âge plus au nord sur le plateau et qui intègre aussi le village voisin de Lacam-d’Ourcet.

Jusqu’en 1890, Latouille n’est qu’un lieu-dit. La commune de Latouille-Lentillac est créée au 19e s. en même temps que celle de Lacam-d’Ourcet limitrophe à l’ouest. Cette dernière étant aujourd’hui intégrée à celle de Sousceyrac-en-Quercy. De cette époque, datent la mairie-école et l’église implantées le long du chemin de grande communication de Saint-Céré à Maurs dans le Cantal.
Pour différencier Lentillac d’autres communes portant le même nom dans le Lot, on lui accole le nom de Latouille, lieu-dit où est établi le chef-lieu : Lentillac devient Latouille-Lentillac.
2 Le sentier des Arts
En 1998, le chemin Art Nature fait ses premiers pas. Pour sa première année une quinzaine d’œuvres acquises auprès d’artistes locaux fleurissent les talus du sentier, dispersés ça et là au gré de la volonté inspiratrice de leurs auteurs. Le défi de ce musée de "plein bois" a été conforté par le respect des nombreux visiteurs.

Aujourd’hui, l’association APPEL fait vivre le projet : personnages, silhouettes, têtes, animaux et autres créations ont poussé plus loin la conquête des talus. Des enfants, des écoliers mais aussi des anonymes apportent leurs contributions. Ce sentier s’est peu à peu mué en chemin d’expression pour tous, valorisé chaque année par l’installation de 1 à 2 pièces majeures achetées à des sculpteurs : de métal, de bois, de pierre. Ces créations égayent le sous-bois, les œuvres se fondent dans le décor végétal, l’émotion artistique est là. Ouvrir l’œil, s’arrêter, observer !
3 Biniquel et les paysages du Ségala
Cerné de pentes boisées, le hameau de Biniquel est installé dans une clairière pâturée. Autour des maisons, granges et séchoirs, s’étendent les près ponctués ici et là de bruyère rose vif. Sur la frange nord-ouest, se détache un ancien verger de châtaigniers, arbre nourricier emblématique du Ségala qui par le passé sauva bien des familles de la famine.

Vers le sud, on observe les paysages du Ségala autour de la Bave. Appuyée de ses affluents, elle creuse de profondes vallées arborant un profil en V caractéristique. Impropres à l’agriculture, leurs pentes raides restent boisées. Les vallées étroites du Ségala sont désertes, à l’exception de rares moulins. La situation de Latouille, lové en contrebas dans la vallée est singulière.
Au centre du panorama le hameau de Malvy implanté en marge d’un plateau entièrement occupé par les pâtures et les prairies de fauche destinées aux vaches Limousine élevées pour leur viande.
4 Eglise romane de Lentillac
La petite église Notre-Dame de l’Annonciation est située dans un hameau en bordure du plateau dominant la vallée du Cayla. L’édifice, en partie roman, a subi de nombreux remaniements, principalement au 17e et 19e s. Il comporte une nef unique, un haut clocher-porche, 2 chapelles latérales et une abside en hémicycle.

A l’extérieur de l’église est conservée une remarquable série de modillons (support en pierre placé sous une corniche et très souvent sculpté) figurant monstres, animaux ou têtes humaines dont un personnage moustachu particulièrement expressif. A l’intérieur, la voûte a été refaite sans doute au 12e s. mais conserve incrustés dans la maçonnerie, deux chapiteaux romans remployés. L’un représente un Christ en majesté dans une gloire en forme de losange, assis sur un trône et bénissant. L’autre figure un personnage en buste sous une arcade.
5 La fontaine de Lentillac
Le petit édifice couvert d’un toit à deux pentes en écailles de schiste et surmonté d’une croix, est l’ancienne fontaine du village. L’eau de la source qu’elle abrite sert pour les usages domestiques comme le prouve la tablette en pierre à droite de l’ouverture qui sert à poser le seau utilisé pour puiser l’eau.

La fontaine est accompagnée d’un abreuvoir en pierre ainsi que d’un petit plan d’eau pour l’abreuvement du bétail qui y accède par la rampe revêtue d’une calade de pierre. Le plan d’eau est alimenté par les eaux de ruissellement et le trop-plein de la fontaine.
La croix surmontant le pignon de l’édifice peut indiquer qu’il faisait l’objet de rogations. Cette pratique religieuse courante dans les campagnes au 19e s. consiste en des prières publiques dans la période précèdent la fête de l'Ascension pour attirer la bénédiction divine sur les récoltes et sur les travaux des champs.
6 Le moulin de Fourniols
Au creux d’un vallon boisé et moussu sur le bord du Cayla sommeillent les vestiges du moulin de Fourniols dont le nom est associé à celui du hameau implanté sur le rebord du plateau près de 100 m plus haut.
Il ne reste du moulin que la chaussée barrant le ruisseau, la trace du canal d’amenée et des maçonneries de la chambre contenant les roues entrainant les meules.

En Quercy, depuis le Moyen-âge la force de l’eau est utilisée pour moudre les céréales. Au 18e s. on compte 4 moulins sur le ruisseau du Cayla en amont de Latouille. Tous sont dotés de roues horizontales noyées entrainant un système de transmission vertical qui actionne les meules. Un barrage, ou chaussée, dévie l’eau du ruisseau vers le canal d’amenée qui alimente le moulin. L’eau s ’engouffre ensuite dans la conduite forcée qui accélère l’eau vers la chambre noyée qui contient les roues à auges reliées au mécanisme du moulin. L’eau est ensuite rendue au ruisseau par le canal de fuite.
7 Le plateau agricole de Marraufin
Marraufin est un hameau agricole traditionnel du Ségala. Implanté sur un point haut à l’abri de l’humidité, il trône au milieu des terres, des bois et des prairies exploités par ses habitants. Il regroupe des maisons dont certaines datent du 18e s., voire plus anciennes, et de vastes granges-étables édifiées au 19e s. quand l’élevage s’intensifie.

Appartenant au Massif central, le Ségala est un pays aux terres froides impropres à la culture du froment. Son nom vient du seigle, autrefois cultivé ici. Les paysages agricoles trouvent leur origine à la fin du Moyen-âge lors d’une phase de repeuplement où se déploient une polyculture fondée sur l’élevage et la culture de la châtaigne. Plus tard, au 19e s. l’agriculture se fait plus intensive avec l’affouragement du bétail. Les troupeaux bovins des paysans aisés sont abrités dans de vastes granges où l’étable en rez-de-chaussée est surmontée d’un fenil où le foin est entreposé.
8 Chapelle Notre Dame de Verdale
En amont de Saint-Céré, sur le ruisseau du Tolerme, cette chapelle de pèlerinage a été vraisemblablement bâtie sur les lieux d’un ancien ermitage auquel 2 légendes véhiculées par la tradition populaire font référence. La chapelle ne serait pas antérieure au 12e s. Elle est ravagée et pillée pendant les guerres de religion et également pendant la Révolution.

Après de nombreuses destructions, les habitants de Lacam d’Ourcet reconstruisent la chapelle. Au début du 20e s., la dévotion renaît et les pèlerins affluent, suscitant un aménagement de la chapelle et de ses abords. L’édifice actuel se compose d’une nef, de 2 chapelles et d’une abside en hémicycle. L’intérieur, voûté d’ogives et d’arêtes, abrite une statue de Notre-Dame de Verdale, en bois doré de la fin du 19e s. Les vitraux posés en 1924 s’inspirent des différentes légendes évoquant les péripéties qui entourent la construction de la chapelle.
9 Les eaux vives du Tolerme
Le ruisseau qu’enjambe le pontet que vous empruntez et que vous suivrez jusqu’à Latouille se nomme le Tolerme. Il prend sa source à 650m d’altitude à Labastide-du-Haut-Mont, point culminant du Lot distant d’une dizaine de kilomètre à l’est. Véritable torrent aux eaux vives, il nous rappelle qu’ici en Ségala on approche des montagnes du Massif central.

Le Tolerme est, avec le Cayla, un des plus remarquables torrents du Ségala. Dans ce pays de basse montagne, leurs eaux bouillonnent et cascadent entre les blocs de granite ou de gneiss arrachés aux versants. Les vallées encaissées aux allures de gorges boisées affichent un profil en V marqué indiquant un relief pentu où les eaux filent sans s’attarder.
Quelques rares moulins habitent les vallées étroites où règne une dense végétation de mousses, de fougères, de chênes et de hêtres. Les eaux fraiches et pures accueillent la Truite fario et l’Écrevisse à pattes blanches, crustacé protégé.
10 Moulin d'Aubié
La maison au bord du chemin est en fait l’ancien moulin céréalier d’Aubié. Encore dessinés sur le cadastre, les canaux qui relient l’édifice au ruisseau du Tolerme sont aujourd’hui comblés. Le moulin a été construit en plusieurs fois et certaines parties datent de l’Ancien Régime, époque à laquelle 5 autres moulins s’échelonnent sur le Tolerme.

En Quercy, la force motrice de l’eau est utilisée depuis le Moyen-âge pour actionner les roues des moulins. La plupart des meules servent à moudre le grain des céréales en farine ou bien aussi à écraser des minerais métalliques avant la fonte. Dans d’autres cas, l’énergie hydraulique est utilisée pour fouler (dégraisser et assouplir) les tissus de laine : on parle alors de moulins foulons. D’autres moulins actionnent des martinets servant à forger le fer. A 1,5 km en aval du village de Latouille, le hameau du Martinet installé au bord de la Bave garde la mémoire de cet usage ancien.