Au Pays des Verriers

Culturel ,  Sentier d'interprétation ,  Promenades et Randonnées ,  Pédestre à Sousceyrac-en-Quercy

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6.4 km
Pédestre
2h 40min
Moyen
  • Le circuit est un enchantement pour le regard car il marie la beauté de l’architecture rurale à celle des paysages tout en laissant découvrir les témoignages de l’histoire des verriers de la Cère.

    L’itinéraire de cette balade permet de découvrir les paysages du Ségala, rebords de la montagne cantalienne, pays du seigle et de la châtaigne. La Cère et ses affluents ont creusé des gorges profondes et sauvages couvertes de forêts, lieu idéal pour l’installation des fours de verriers qui ont fonctionné jusqu’au XIXe siècle. Couverts de mousse, en ruines, on découvre encore quelques fours abandonnés au fond des gorges.





    - Découvrez le patrimoine de ce circuit sur l'Appli Mobile "Circuits Lot et Dordogne".
    - Difficultés particulières : Attention passage glissant par temps de pluie au point 4 et risque de crue du ruisseau en hiver ou en longue période de pluie.
  • Documentation
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Points d'intérêt
1 Maison et grange étable « Malpuech »
Sur la place du village, une maison trapue et rectangulaire impose ses vastes volumes. Il s’agit de la maison Malpuech, maison de maître verrier datée de 1780 qui s’organise autour d’une cour constituée de remises, d’une grange-étable, de la maison du fermier et de la maison du couvreur.

Elle est coiffée d’une haute toiture à quatre pans autrefois couverte de lauzes de schiste, dotée de deux cheminées et d’une rangée de trois petites lucarnes à la capucine dont la couverture à trois versants rappelle la forme des capuchons des moines Capucins.
La grange-étable est dotée d’un pigeonnier-porche caractéristique du secteur, signe d’opulence au 19e s. Le sommet de sa toiture est orné d’un épi de faîtage en verre, une rareté ! Une belle référence à l’histoire locale des verreries de la vallée de la Cère.
2 Maison "Maisonotte"
Cette maison se distingue à Lamativie par son escalier à double volée droite. Aujourd’hui délaissée, on l’appelle la maison « Maisonotte » en raison de l’inscription figurant sur le linteau d’une fenêtre : “MAISONOTO MACON”.

Les Maisonotte sont une famille de maçons du 18e s. originaire d’Italie. On trouve parfois leur nom sur des linteaux de la région accompagnant la date et le nom du propriétaire, habitude fréquente en Ségala.
Cette bâtisse se distingue notamment par sa rare lucarne à fronton triangulaire, élément issu de l’architecture classique aristocratique témoignant de l’enrichissement de ses propriétaires.
Au cours de son histoire, cette maison a accueilli un café en faisant un lieu de rencontre du village.
3 Maison "Genries"
En bord de route, la maison “Genries” est bâtie sur cave et est traditionnellement couverte en lauzes de schiste. A l’arrière de la maison s’organisent les dépendances agricoles dont une grange-étable à porche.
Le logis accueillait autrefois une auberge dénommée vitarelle dans le Ségala. Celle-ci fut le lieu de nombreux bals…

Sur le pigeonnier-porche de la grange-étable, un peu en retrait de la route, vous découvrez un épi de faîtage en céramique figurant un oiseau.
Dans sa partie haute, la porte d’entrée possède une petite ouverture vitrée appelée jour d’imposte éclairant un vestibule. En effet en Ségala, on n’entre pas directement dans la pièce de vie mais dans un espace de transition évitant de faire entrer le froid dans le logis.
La porte d’entrée est largement décorée illustrant une tradition particulièrement vivante en Ségala au 19e s.
4 Point de vue sur les Monts du Cantal
En sortant des bois, la situation en point haut offre un beau panorama sur les points culminants des monts du Cantal. Une proximité témoignant de l’appartenance du Ségala au Massif central, une caractéristique affirmée aussi par le climat et la végétation propre à la basse montagne.

Sur la ligne d’horizon tout à fait à l’est, on peut identifier le Puy Griou bien pointu, le Puy Mary un peu plus massif, à 1783 m, est le deuxième sommet après le Plomb du Cantal, point culminant de cet ancien ensemble volcanique.
5 Le hameau de Maury
Le petit hameau de Maury est constitué de maisons paysannes typiques de l’habitat du Ségala et de deux fourniols ou fournils, petites bâtisses de pierre qui abritent des fours à pain.
L’un d’eux possède une petite fenêtre ou fenestrou à appui mouluré et un linteau de porte daté de 1766. La porte du second présente un linteau gravé d’une croix et daté de 1742.

Ici l’habitat est cossu, de grosses bâtisses aux hautes toitures à forte pente. Certaines maisons sont couvertes en ardoise d’Allassac extraite en Corrèze, l’une des dernières carrières françaises en activité. Ce matériau a remplacé la lauze de schiste à l’occasion de travaux de restauration parfois partiels.
Des maisons sont couronnées d’un épi de faîtage en forme de pot. Les différentes dates inscrites sur les linteaux des maisons attestent que ce hameau s’est développé entre la fin du 18e et le début du 19e s.
6 Pilou à Maury
En bordure de la route et à l’entrée d’un champ, se dresse une pierre appelée localement un « Pilou ». Sa face principale est gravée d’une croix.

Ce pilou pourrait être antérieur à l’ère chrétienne et s’apparente aux pierres dressées associées aux cultures païennes comme les menhirs. A une époque, le pilou aurait été christianisé en lui apposant une croix.
7 Hameau de Vieyres
Vieyres est un des 4 hameaux de verriers de Lamativie, commune appartenant au pays verrier s’étendant autour de la vallée de la Cère.
En effet, ce hameau compte 3 maisons de verriers. Elles appartenaient notamment aux familles Grenier et Colomb del Raysse, ces derniers installés depuis le 17e s.

On dénombre également 3 puits dans le hameau.
A l’entrée, le 1er puits est abrité par une charpente couverte de lauzes de schiste.
Un 2nd de forme circulaire est bâti en belles pierres de taille en granit ; il est aujourd’hui condamné par une grosse pierre.
Celui à la sortie du hameau est couvert de dalles de granit. Il est accompagné d’un abreuvoir et est équipé d’un cabestan muni d’une manivelle en fer forgé.

En traversant le hameau, observez les détails de décoration des linteaux sur le bâti : cœurs, larmes, croix, rameaux feuillés…
8 Moulin de Monfreu
En arrivant aux bords de l’Escalmels vous découvrez les ruines d’un moulin qui fonctionnait au 18e s. En Ségala, les vallées étroites n’accueillent pas d’habitat. Les moulins y sont les seules constructions permanentes, exploitant la force motrice de l’eau. Plusieurs moulins se succédaient le long de l’Escalmels.

Ces moulins étaient tous dotés d’un même mécanisme d’entrainement des meules à axe vertical. L’eau captée dans le ruisseau par le canal d’amenée alimente la chambre des roues dont la rotation entraine directement les meules mobiles posées sur les meules fixes. Le grain était ainsi moulu entre les 2 meules. L’eau était rendue à l’Escalmels par le canal de fuite.
9 Le pont des morts
La vallée du ruisseau de l’Escalmels isole Lamativie de Comiac, commune voisine à l’ouest. Autrefois, on se rendait d’une commune à l’autre par d’étroits chemins franchissant le ruisseau par de petits ponts. Il s’agissait de passerelles en bois portées par des culées en pierre établies sur chaque des rives et on doit perçoit aujourd’hui voit les vestiges.

L’un d’eux est le pont des morts. Depuis le Moye- âge, Lamativie, rattachée à la paroisse de Comiac, enterrait ses morts dans l’église du bourg voisin. On empruntait alors à pied des chemins raides et un pont de la vallée pour conduire les défunts à leur lieu de sépulture. Le trajet était long et difficile surtout à la mauvaise saison ou lors des hautes eaux. Cette situation pris fin au milieu du 17e s. quand les habitants de Lamativie, obtinrent de l’Evêque de Cahors Alain de Solminhac la construction d’une église dans le hameau de Lamativie où se déroulèrent désormais les cérémonies.
10 Four de verriers
Ce petit monticule de pierres est la ruine d’un four de verrier à usage temporaire. Quatre fours de ce type ont été découverts le long de l’Escalmels. Il reste peu de vestige de ces fours, les fabriques étant itinérantes. Sur ce site, on distingue encore la voûte, la sole et le foyer.

Les fabriques se déplacent le long du cours d’eau pour profiter des différents dépôts de sable qui fournit la silice, matière première du verre. Les verriers exploitaient aussi la nature environnante : le bois pour chauffer les fours et la fougère brûlée apportant la potasse permettant d’abaisser la température de fusion de la silice.
Pour fabriquer du verre, il faut approximativement, 70% de sable, 15% de cendre de de fougère brulée, 10% de chaux et des brisures de verre. Trois jours de chauffe sont nécessaires pour arriver à 900°et donc beaucoup de bois. Ces fours remonteraient à la Renaissance et le dernier se serait éteint vers 1850.
11 Le châtaignier
Le châtaignier accompagne votre parcours en forêt. Il est reconnaissable à ses grandes feuilles à bords denté. Au printemps, les rameaux portent de longs chatons jaune clair au parfum fort et suave. A l’automne, il offre ses châtaignes abritées par une bogue piquante. Cueilleurs et sangliers se disputent le fruit brun pour sa chair douce et sucrée.

Arbre emblématique nourricier du Ségala, le châtaignier n'est pourtant pas une espèce locale ! Elle fut introduite dès le Moyen-âge pour l’alimentation des hommes et du bétail. Avant l'introduction de la pomme de terre, la châtaigne est l’aliment principal des terres froides du Ségala. Certaines parties de l'année, les familles pauvres ne connaissent pas d'autre aliment qu’une bouillie à base de sa farine.
Son bois est très utile. Des jeunes rameaux on fait des paniers, des jeunes arbres des piquets et des beaux sujets des charpentes, des meubles ou des parquets.