Visuel Ciné Délices 2021

Festival CinéDélices 2021 : "Cigare au Miel" - "les Vacances de Monsieur Hulot" - "Gaza Mon Amour" - "Une Histoire d'Amour et de Désir"

Culturelle, Cinéma, Festival à Cahors

  • La 10e édition du festival du cinéma hédoniste, Cinédélices, se déroulera à Cahors du vendredi 1er octobre au mercredi 6, avec, petite fantaisie, une inauguration à la Villa Malbec la veille du début officiel du festival, le jeudi 30 septembre.

    L’équipe de Ciné+, soutenue par celle du Grand Palais, a l’ambition de remettre de la joie et un peu d’insouciance dans notre quotidien cadurcien, à travers une programmation qui restera fidèle aux plaisirs de la vie : avec, notamment, outre de...
    La 10e édition du festival du cinéma hédoniste, Cinédélices, se déroulera à Cahors du vendredi 1er octobre au mercredi 6, avec, petite fantaisie, une inauguration à la Villa Malbec la veille du début officiel du festival, le jeudi 30 septembre.

    L’équipe de Ciné+, soutenue par celle du Grand Palais, a l’ambition de remettre de la joie et un peu d’insouciance dans notre quotidien cadurcien, à travers une programmation qui restera fidèle aux plaisirs de la vie : avec, notamment, outre de nombreuses avant-premières, la traditionnelle séance « Allons dîner au cinéma » – vendredi 1er – et ses échos gastronomiques, un hommage cinématographique et théâtral au personnage de M. Hulot sera rendu durant le week-end.
    A 14h " Cigare au miel" : de Kamir AÏNOUZ

    Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

    Neuilly-sur-Seine, 1993. Selma est la fille unique d’une famille kabyle et laïque, confortablement installée. À 17 ans, elle commence une vie d’étudiante et intègre une école de commerce. Elle est déterminée à en profiter, décidée à explorer l’éventail de ses désirs et les promesses du corps. Mais très vite, alors qu’enfle en Algérie la menace fondamentaliste, elle comprend qu’autour d’elle, le monde est fait homme et ne concédera rien facilement à ses aspirations féminines.

    Le film s’ouvre et se ferme sous la double égide de Shéhérazade – celle de Sinoué dans L’Égyptienne – et peut-être d’Annette Messager, tant les motifs animés qui envahissent l’écran rappellent le travail de la plasticienne féministe. Or il faut reconnaître que Selma n’aura pas trop de ce bouclier mythique pour affronter l’hydre phallocrate qui la prend dans un étau humiliant : d’une part le chaperonnage familial de la conformité morale ; d’autre part le bizutage d’une jeunesse à la conformité immorale. Pour jouir, de la vie, de son corps, il faut prendre la main ! Prendre modèle sur « elle, Shéhérazade qui imposait son propre rythme » sous le corps de son amant brutal. Plus qu’une quête, c’est une conquête, une métaphore du combat féminin : et même si le titre peut avoir des résonances de promesse érotique, ce n’est pas du gâteau.

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    A 16h30 "Les vacances de monsieur Hulot" : de Jacques TATI

    Juillet. Premier mois des grandes vacances. L’arrivée d’un personnage atypique, monsieur Hulot, va perturber les règles bien établies d’une communauté de vacanciers en bord de mer.

    Les Vacances de monsieur Hulot, c’est d’abord la naissance de… monsieur Hulot. L’élément perturbateur par excellence. Personnage du cinéma muet lâché dans le cinéma parlant. Personnage hors du commun, hors-norme, qui s’oppose à la standardisation et au conformisme. En grand observateur du quotidien, Jacques Tati réconcilie ainsi comique et réalisme. Il fait l’éloge des plaisirs simples face à une société capitaliste toujours plus complexe et impersonnelle. Ses films ne sont pas sonorisés, ils sont sonores. Tous les sons sont post-synchronisés, hyper-réalistes, leur accumulation les rendant surréalistes. Ce travail de la bande-son a influencé de nombreux réalisateurs comme David Lynch ou Terry Gilliam.

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    A 18h30 "Gaza mon amour" : de Arab et Tarzan NASSER

    Issa, la soixantaine, célibataire, vit de sa pêche, du moins de ce que le petit bout de mer sale qui se trouve concédé à Gaza lui permet de vendre au marché. Un marché où travaille Siham, une couturière. Elle est veuve et Issa en est secrètement amoureux. En signe d’augure, Issa remonte dans ses filets une statue d’Apollon. Mais sa sœur, qui convoite pour lui un mariage arrangé, et les autorités, qui convoitent pour ellesmêmes le prestige d’un trésor antique, viennent mettre des bâtons dans la roue du destin…

    Dieu que ce film, qui représentait la Palestine aux Oscars 2020, fait du bien ! Les jumeaux Nasser nous offrent là une sorte de parabole amoureuse et comique de la Palestine. La légèreté du film ne voile jamais le contexte politique et social de Gaza mais ses accents ubuesques nous offrent une vision neuve, où l’autodérision, plutôt que de ressasser le conflit avec Israël, met aussi le doigt sur les problématiques inhérentes au monde gazaoui. Bien sûr le courant peut avoir l’air contraire, mais l’optimisme d’Issam, nourri d’un fatalisme sage, patient et amoureux de Siham comme de Gaza, offre un contre-courant plus tenace encore: « Ça finira par s’arranger, grâce à Dieu! »

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    A 21h30 "Une histoire d'amour et de désir" : de Leyla BOUZID

    Ahmed, 18 ans, est français, d’origine algérienne. Il a grandi en banlieue parisienne. Sur les bancs de la fac, il rencontre Farah, une jeune Tunisienne pleine d’énergie, très libre, fraîchement débarquée de Tunis. Tout en découvrant un corpus de littérature arabe sensuelle et érotique dont il ne soupçonnait pas l’existence, Ahmed tombe très vite amoureux de cette fille déconcertante. Mais même submergé, littéralement, par le désir, il n’arrive pas à s’y abandonner, retenu par les valeurs étriquées qu’il pense être celles de son quartier.

    Un film fidèle à son titre, un titre fidèle à ses images! Quel bonheur ! On est à l’écran comme dans un « roman d’apprentissage » et l’on se met à rêver pour que chaque jeune homme, au seuil d’une sexualité masculine souvent « brute de décoffrage», puisse trouver une Shéhérazade comme Farah, qui guide, sublime les injonctions du corps vers le plaisir érotique et sensuel. Or, pour Ahmed, trouver sa place amoureuse, c’est aussi trouver sa place en tant que Français. Le film interroge ce qui serait une « identité rebeue » : « tu ne trouves pas bizarre qu’on ne connaisse rien à notre culture ? » Et l’apprentissage, à travers la poésie et les écrits arabes, nous rouvre les portes d’une langue qui compte bien plus de mots que le français pour décrire les états amoureux, et d’une culture qui faisait nécessité – aux côtés des livres de gastronomie – des manuels érotiques. Plaisirs de bouches ! Petite bibliographie pour les amatrices – et les amateurs : outre Les Mille et Une nuits, Le Jardin parfumé, de Cheikh Nefzaoui, Leila & Majnoun, de Nizami, le Kama-Sutra arabe, de Malek Chebel…
  • Tarifs 2021
  • Général
    À partir de 8.50 €

    • La place

  • Tarif réduit
    À partir de 7.50 €

    • Etudiants, chômeurs, minima sociaux, -18 ans, Ciné+

  • Tarif Enfant
    À partir de 5 €

    • - de 12 ans