Ma randonnée sur le circuit du Géoparc en 6 jours

Par le causse de Limogne, St-Cirq-Lapopie et la vallée du Lot
Puit sur le circuit du Géoparc
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Puit sur le circuit du Géoparc

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Grégory ROHART

Portrait Grégory Rohart
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260813 Portrait Grégory Rohart

Une boucle itinérante de 6 jours de marche

Une très belle randonnée qui invite à découvrir les villages typiques des causses, la vallée du Lot avec Saint-Cirq-Lapopie et plusieurs géosites du Parc naturel régional – Géoparc mondial UNESCO des Causses du Quercy.

Testé par Grégory Rohart

Jour 1 : De Cahors à Lalbenque

20,9km - D+350m - D-205 m - 5h30

Accessible par le train, Cahors est une ville à taille humaine où se conjugue Art et Histoire. Avec Fanny, je quitte l’ancienne cité de Divona par le pont Louis Philippe en direction de Lalbenque.

Nous pénétrons rapidement au coeur du causse du Quercy. Le chemin se taille la route entre les murets de pierre sèches, les chênes pubescents et le chant des oiseaux. Je prends plaisir à marcher en les écoutant : un pic épeiche par ici, une fauvette à tête noire par là et même un loriot d’Europe, un oiseau jaune et noir qu’on entend souvent et qu’on voit rarement malgré sa couleur éclatante.

Nous ne croisons pas de villages sur cette première étape, au mieux quelques habitations isolées comme à la Quintarde qui accueille les randonneurs et les pèlerins pour une pause casse-croûte ou pour la nuit.

A la halte d’Émeliès/Lalbenque, aménagée par les bénévoles des journées « 1000 mains à la pâte », nous nous ravitaillons en eau. Il y a aussi des toilettes et un abri. C’était bienvenu !

Peu à peu, le Quercy blanc dévoile son identité : ici, le calcaire est omniprésent, aussi bien au sol que sur les façades des maisons. Lalbenque, notre point de chute pour cette première étape, en est le parfait exemple. Petit village de 1900 habitants environ, il m’impressionne par son dynamisme. On y trouve une pharmacie, des supermarchés, une épicerie, une banque, des cafés dont un associatif, des restaurants, un hôtel. C’est aussi la capitale de la truffe noire du Quercy. Un village charmant et vivant comme je les aime.

Suggestion d’hébergement pour la nuit : Hôtel La Tissandière

À notre arrivée, Ludovic nous accueille chaleureusement dans son hôtel. Avant même de nous installer, nous prenons le temps de savourer une Ratz, bière artisanale locale, non pasteurisée et non filtrée, brassée dans le Lot. Une manière parfaite de conclure cette première journée de marche.

J2 : De Lalbenque à Varaire

19,6 km - D+112 m - D- 73 m - 4h50

Pour cette seconde journée de marche, nous poursuivons dans le Quercy Blanc. Mêmes ambiances karstiques accompagnées par le chant des oiseaux. Depuis notre départ de Cahors, nous randonnons sur le GR65, le chemin de Saint-Jacques de Compostelle par la Via Gebennensis et la Via Podiensis. Nous croisons de nombreux pèlerins et randonneurs à contre-sens de notre itinéraire. Nous discutons avec des Femmes et des Hommes qui font l’itinéraire seul comme avec des familles parties avec leurs enfants. Les rencontres sont riches, toujours très humaines et touchantes.

Sur le chemin, nous croisons également nos premières gariotes. Ce sont de petites constructions en pierre sèche adossées à un muret. Elles ressemblent à s’y méprendre aux caselles qui elles ont une construction isolée.

Halte pique-nique à côté du très beau lavoir d’Escabasse. Datant du XVIIIe siècle et entièrement creusé dans la roche, il se distingue par ses pierres à laver en forme d’ailes de papillon, ce qui lui vaut le surnom de « lavoir papillon ».

Hier, nous sommes entrés sur le territoire du parc naturel régional – Géoparc mondial UNESCO des Causses du Quercy. Les phosphatières du Cloup d’Aural que nous visitons en est l’un des géosites.

Ancienne exploitation minière à ciel ouvert du XIXᵉ siècle, le site a progressivement retrouvé un visage plus naturel, tout en conservant un intérêt scientifique remarquable. Les gouffres ont mis au jour de nombreux fossiles vieux d’environ 30 millions d’années, précieux témoins d’écosystèmes aujourd’hui disparus.

En parcourant les lieux, nous découvrons à la fois une courte page de l’histoire industrielle du Quercy et un éclairage concret sur les grandes étapes de l’évolution du vivant. Une halte à ne pas manquer.

Suggestion d’hébergement pour la nuit : Gîte d’étape du Clos des Escoutilles

Nous poursuivons notre randonnée jusqu’à Varaire où nous nous installons pour la nuit au gîte d’étape du Clos des Escoutilles. Avec la chaleur qui s’installe au fil de la journée, la piscine devient une halte particulièrement appréciée des randonneurs en quête de fraîcheur.

 

J3 : De Varaire à Saint-Cirq-Lapopie

21,2 km - D+362 m - D- 452 m - 5h40

Cette troisième étape est la plus longue de nos 6 jours de randonnée, sans être difficile.

Nous quittons rapidement le balisage rouge et blanc du GR65 pour suivre plusieurs passages de PR balisés en jaune.

Le chemin nous mène d’abord au lac d’Aurié, puis à son dolmen voisin, intégré à un ensemble mégalithique plus vaste autour de Limogne-en-Quercy. Nous gagnons ensuite Lugagnac, où un très beau lavoir papillon, un point d’eau et des toilettes offrent une halte bienvenue.

Au fil de la journée, l’itinéraire nous mène ensuite à l’Igue de Crégols, une autre curiosité géologique du parc naturel régional. Ce gouffre, exploité comme phosphatière au XIXᵉ siècle, a aujourd’hui retrouvé un aspect plus sauvage, la nature ayant repris ses droits. Le décor est fabuleux. Dommage que notre passage en pleine journée ne soit pas le meilleur moment pour le découvrir, une bonne raison d’y revenir.

En continuant notre chemin, nous atteignons le village de Crégols, petite commune rurale de moins de cents habitants en bordure du Lot. Nous faisons une pause aux sanitaires et profitons du point d’eau pour nous rafraîchir.

Derrière la Maison Laval, le sentier s’élève progressivement sous le couvert forestier avant de rejoindre les contreforts du cirque de Vènes. Là, le paysage s’ouvre soudainement sur les cultures de la vallée du Lot, offrant une belle respiration visuelle après les passages

Désormais, Saint-Cirq-Lapopie n’est plus très loin. Élu village préféré des Français, et classé parmi les huit « Plus Beaux Villages de France » du Lot, il se dévoile soudainement. L’arrivée a quelque chose d’irréel : le décor médiéval, accroché à la falaise, semble presque trop parfait. On se croirait plongé dans un film de cape et d’épée.

Jour 4 : De Saint-Cirq-Lapopie à Cabrerets

10,7 km - D+265 m - D- 340 m - 3h00

Nous ne pouvons pas quitter Saint-Cirq-Lapopie sans refaire un tour à pied du village, d’autant que l’étape du jour est courte.

Nous laissons ensuite le village derrière nous en suivant le balisage commun du GR36 et du GR46, qui nous conduit jusqu’à Bouziès par le splendide chemin de halage. Taillé dans la roche calcaire, ce passage spectaculaire longe le Lot sur près d’un kilomètre, sous le regard bienveillant du bas-relief réalisé par l’artiste toulousain Daniel Monnier. Autrefois, les gabares y transportaient des marchandises en direction de Libourne ; aujourd’hui, ce sont de petits bateaux qui franchissent l’écluse du Ganil et se laissent porter au fil de l’eau.

Au village, nous nous ravitaillons à l’épicerie La Botiga et prenons même le temps de boire un verre.

Le sentier prend ensuite de la hauteur jusqu’à la grotte de Pech Merle. Découverte en 1922, elle abrite des peintures et gravures vieilles de 29 000 ans. Parmi les figures les plus connues, nous découvrons les célèbres chevaux ponctués, mais aussi des mains négatives, des silhouettes humaines et de nombreux animaux.

La grotte se visite uniquement en visite guidée, afin de préserver ce patrimoine fragile. Le parcours souterrain s’étend sur environ 700 mètres, avec une température constante autour de 13 °C, ce qui nous ravit tellement il fait chaud dehors.

Après cette parenthèse hors du temps, il ne nous reste plus qu’une vingtaine de minutes de descente pour rejoindre le village de Cabrerets, niché dans la vallée du Célé. Nous en profitons pour l’explorer tranquillement à pied, à la découverte de son château des Anglais et de ses maisons troglodytes.

J5 : De Cabrerets à Vers

16,2 km - D+362 m - D- 375 m - 4h30

Le temps est couvert lorsque nous quittons Cabrerets. J’ai bien cru que les nuages n’existaient pas dans le Lot. Nous remontons ainsi vers la grotte de Pech Merle à la fraîche, avant de poursuivre en direction de la ferme équestre du Pech Merle.

En observant le fond de carte IGN de l’itinéraire, un détail m’amuse : des “Pech” apparaissent un peu partout. Ce terme, issu de l’occitan puèg, désigne une colline ou une hauteur, souvent isolée et arrondie – une caractéristique typique du paysage que nous traversons.

Peu à peu, le sentier s’enfonce sur le plateau quercynois. Les cigales se sont mises à chanter. En chemin, nous croisons une très jolie caselle ronde, témoignage du patrimoine rural local. Je me réjouis de voir ces constructions si bien conservées.

Nous rejoignons les falaises de la Cévene qui surplombe la vallée du Lot et le village de Saint-Géry. Le panorama est splendide, sans doute l’un des plus beaux de tout l’itinéraire, tant la vue s’ouvre largement sur les méandres de la vallée.

Chemin faisant, nous arrivons au village de Vers tout en ayant longé la rivière éponyme, affluent du Lot. Une fois installés à l’hôtel, nous partons découvrir le village sans nos sacs à dos : son jardin des murs-murs, le château des Anglais, la galerie de peintures de Jeffery et Sally Stride, ainsi que sa plage bucolique au bord de l’eau offrent une fin d’étape douce et agréable.

J6 : De Vers à Cahors

17,4 km - D+213 m - D- 221 m - 4h30

C’est déjà la dernière étape de cette randonnée de 6 jours. Le temps passe si vite sur les chemins du Lot.

La journée débute par un petit-déjeuner copieux, mêlant sucré et salé, avant de prendre la route de Cahors. Très vite, le sentier franchit le pont de Vers, offrant de belles vues sur le Lot et ses falaises karstiques, puis longe tranquillement la rivière à proximité de l’église Notre-Dame de Velles. Nous passons ensuite devant le gîte de Béars avant de traverser un sous-bois agréable qui s’élève en douceur vers le Quioul del Pech.

L’itinéraire rejoint le Mas de Barte et suit ensuite une portion de voie verte récente qui nous mène à l’entrée de Cahors et de son quartier médiéval par le pont de Cabessut.

Pour clôturer cette belle aventure, nous nous attablons au restaurant Tandem, une adresse conviviale où les assiettes, à la fois parfumées et modernes, prolongent le plaisir du voyage. La gare se rejoint ensuite facilement à pied en quinze minutes.

Si vous aimez le terroir, les plaisirs simples, le chant des oiseaux, la géologie, les paysages préservés et les campagnes authentiques, alors cet itinéraire ne pourra que vous séduire.

À retenir

Départ depuis la gare de Cahors

106 kilomètres

6 jours

Transport

Voyagez malin, prenez le train !

Rien de tel que de laisser votre voiture de côté et de partir en train pour un week-end dans le Lot. C’est bon pour la planète et pour votre portefeuille !

La gare de Cahors est bien desservie et vous donne un accès à l’itinéraire.

Si vous habitez à Toulouse ou en Occitanie : profitez du train TER à 1 euro les premiers week-ends de chaque mois.

Le tarif à 1€ est proposé hors période estivale en fonction des disponibilités et l’achat du billet à 1€ est possible au plus tôt 10 jours avant la date de votre voyage.

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