Lac et lavoir à LimogneLac et lavoir à Limogne
©Lac et lavoir à Limogne|Cyril Novello

Les villages du causse de Limogne

Un causse méconnu qui vaut le détour

Entre richesses paléontologiques et patrimoniales

Séparé par les causses de Gramat et de Cajarc par la vallée du Lot, le Causse de Limogne est à la lisière de l’Aveyron et du Tarn-et-Garonne. Culminant à 400 m d’altitude, il est situé au cœur du Parc naturel régional des Causses du Quercy. 

Ici, poussent lavande, genévriers et chênes truffiers. Dolmens, murets en pierres sèches, puits, lavoirscaselles… façonnent le paysage. On y trouve également des gouffres à ciel ouvert nommés « phosphatières ». Au XIXème siècle, c’étaient des exploitations minières convoitées dans toute l’Europe. Aujourd’hui, ils constituent un lieu d’étude privilégié pour les paléontologues datant de l’ère tertiaire. Le causse de Limogne vaut également sa réputation à sa production de truffes noire du Quercy avec notamment Lalbenque, sa capitale, classée Site Remarquable du Goût. 

Escamps

Entre pierres et eau

Situé au sud du Lot, le village d’Escamps possède un patrimoine naturel remarquable et fait partie de la réserve naturelle nationale d’intérêt géologique du département.

Ce village à l’histoire tourmentée et contrastée a été marqué par la guerre et la religion. Alors proche de Lalbenque, il fut détruit et vidé de ses habitants lors de la guerre de cent ans. Les habitants d’Escamps se seraient protégés dans le fort des seigneurs de Concots. Des vestiges de ce fort subsistent sur la « place du fort » et témoignent du passé médiéval d’Escamps. Au XV siècle, le village sera reconstruit et repeuplé par des émigrants venant d’Auvergne et des Pyrénées attirés par les seigneurs locaux.

L’apogée d’Escamps arrive au XIXème siècle lors de l’exploitation minière du phosphate. On comptait alors plus de 600 habitants. La 1ère guerre mondiale marquera la fin des exploitations minières et la désertification du village.

Le village est reconnu pour son eau abondante même en été quand l’eau se raréfie sur ce plateau calcaire. Grâce notamment au Ruisseau des Valses, la doline où est situé Escamps, et qui comprend encore aujourd’hui de nombreux points d’eau : lacs, puits et une cinquantaine de fontaines que vous pourrez découvrir en parcourant le circuit VTT « Entre pierre et eau ».

Beauregard

Une bastide typique

L’histoire de Beauregard débute au Moyen Âge. Au XIIIème siècle, les bastides se développent dans le Sud-Ouest de la France. C’est à cette époque que l’on estime la création du village. Avec ses rues rectilignes et sa place de la halle au centre du village, le plan de Beauregard est caractéristique d’une bastide moyenâgeuse. L’église a quant à elle, une localisation assez originale puisqu’elle est en retrait du bourg. À cette époque, le village s’appelait alors « Bel Regard » rapidement remplacé par Beauregard pour signifier la beauté du village et de son riche patrimoine historique. Le Château de Marsa à proximité du village est très bien conservé et témoigne de ce riche passé.

Cette bastide fait partie du Parc naturel régional des Causses du Quercy et possède un patrimoine naturel remarquable avec deux espaces protégés : la réserve naturelle nationale d’intérêt géologique du département et une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique. La richesse de Beauregard est aussi au dessus de vos têtes puisqu’il est labellisé village étoilé.

Partez pour une boucle à vélo à la limite du Lot et du Tarn et Garonne avec la « Balade au coeur du causse de Limogne ». Croix, lavoirs, pigeonniers, moulins, murets en pierres sèches… ponctuent ce magnifique paysage.

Concots

Un carrefour important

À Concots, le coeur du bourg s’enroule autour d’une tour du XIIIème siècle. À l’origine, le village actuel aurait été un château fortifié avec un double rempart et un logis rebâti après la guerre de Cent Ans. Durant cette guerre, Louis XI fit brûler le château et les terres. À cause de la guerre et de la peste, on ne comptait alors plus âme qui vive à Concots.

Le village fut alors repeuplé par les Auvergnats et les Aveyronnais à qui on donna terres et maisons. Certaines de ces familles demeurent encore aujourd’hui au village. Jusqu’à la 1ère guerre mondiale, Concots était un important carrefour commercial puisque le village se situe sur l’axe « Atlantique-Méditerrannée ». On y échangeait alors : bovins, ovins, truffes, vin, magnanerie (ver à soie) mais aussi des pièces en fer forgé.

Partez à la découverte de Concots grâce au circuit VTT « Entre pierre et eau ». Sur ces chemins caillouteux, vous pourrez découvrir l’intimité du Causse de Limogne. Vous longerez des murets de pierres sèches et sillonnerez autour de petites caselles. Après avoir cheminé sur le GR65, place ensuite au rafraîchissement avec des plans d’eau, lavoirs et l’un des légendaires lacs de St Namphaise.

Pour une pause gustative, nous vous conseillons de faire une halte à L’esprit du Causse. Cette auberge bistronomique est le repère convivial pour les bons vivants. Romain, l’enfant du village, prend plaisir à travailler les produits bruts avec l’envie de surprendre. Pour une pause un peu plus longue, vous pourrez aussi profiter des chambres d’hôtes.

Bach

Un véritable trésor paléontologique

Bach est à la croisée de deux routes reliant la vallée du Lot et Villefranche de Rouergue en Aveyron. C’est une étape du chemin de Saint Jacques de Compostelle, par la voie du Puy en Velay. Le village se trouve également sur l’itinéraire de l’ancienne voie romaine reliant Cahors à Rodez.

Bach est classé Réserve Naturelle Nationale d’intérêt géologique pour sa richesse fossile et minérale. Ce qui fait la renommée de ce si petit village, c’est en effet, les Phosphatières du Cloup d’Aural. Ces cavités profondes, creusées dans la roche calcaire pour l’exploitation du phosphate au début du XXème siècle, révèlent ici un lieu hors du temps. C’est un véritable trésor paléontologique : des animaux fossilisés de plus de 30 millions d’années (ours, tigres à dent de sabre..). La visite est une étape incontournable ! 

Découvrez également les Phosphatières grâce au circuit d’interprétation « Circuit des Phosphatières du Cloup d’Aural ». Ce sentier se déroule en partie sur le chemin de Compostelle et côtoie d’anciennes mines de phosphate où gisent de nombreux fossiles.

À Bach, on vient pour les Phosphatières, mais aussi pour « Lou Bourdié », une belle auberge de campagne devenue le paradis des gourmands. On y croise des randonneurs affamés, des ouvriers du coin et même des chefs toqués venus puiser aux sources du terroir. Aux fourneaux, Julie s’active pour régaler selon l’inspiration du jour et du marché : soupe aux légumes, poule farcie, pied de cochon au safran, navarin d’agneau… un vrai régal.

Varaire

Dans un écrin de verdure

À mi-chemin entre Bach et Beauregard, Varaire et son cœur de village méritent le coup d’œil. Varaire était traversé au sud par la voie romaine qui reliait Caylus à Cahors lorsque les deux villes commerçaient entre elles. On comptait alors au XIIIème siècle un hôpital avec une église accueillant les pèlerins. Encore aujourd’hui au bord de la voie romaine, on trouve une croix sur un petit muret qui en marque l’emplacement.

Dans le village, une tour, vestige du château et un lavoir communal aux dimensions seigneuriales témoignent de la belle époque de Varaire. Lavoirs papillons et maisons traditionnelles font le charme de Varaire.

À la sortie du bourg, un puits et un très joli dolmen au pied d’un chêne pubescent méritent de s’arrêter.

Avant d’arriver au centre de Varaire par la route de Concots, nous vous conseillons de faire une halte pour découvrir le très harmonieux Château de Couanac implanté dans un site naturel « caussenard » avec aux abords un bois de chênes. Le château propose une visite en saison estivale. Le château du XIIe siècle, au milieu de 365 hectares de terre propose également 4 gîtes à la location.